Il n'est pas exclu, je suis si faible et si bête, que je me sois trompé et que vous n'existiez pas. Parce que mon rêve aura été beau et qu'il m'aura empêché de sombrer dans l'absurde et dans le désespoir, parce que, légende ou réalité, vous m'aurez fait vivre un peu au-dessus de ma bassesse inutile, je n'en bénirai pas moins votre grand et saint nom.
Jean d'Ormesson - Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit
Il souffle dans sa veine un vent de chlorophylle
Un printemps vigoureux qui pétale d'idées
Et sa bouche en corolle est une fleur de style
Qui se fane en baisant la pâle renommée
Il germe dans sa couche une plante insensible
Qui s'étanche à son crâne ainsi qu'au robinet
C'est l'arbre de raison qui grille ses fusibles
Et qui lui donne envie d'aller tout dégueuler
Le poète a sa croix comme chacun le pense
D'abord celle d'aimer puis celle de la panse
Il arrive parfois qu'il puisse conjuguer
Mais l'inquiétude alors lui mange la genèse
Lui ronge la syntaxe et lui prend l'alphabet
Il se meurt doucement d'Académie française.
Plus je vieillis, plus je comprends qu’on ne peut véritablement vivre qu’avec ceux qui vous libèrent, qui vous aiment d’un amour à la fois léger à porter et profond à ressentir.
La vie d’aujourd’hui est trop rude, trop amère, trop épuisante pour supporter encore les chaînes imposées par ceux qu’on aime.
C’est ainsi que je suis votre ami : je chéris votre bonheur, votre liberté, votre quête d’aventure — en un mot — et je souhaite être ce compagnon sur lequel vous pourrez toujours compter.
Ce que j'aime le plus au monde, c'est l'idée que tout est fragile. Tout passe, tout disparaît. Tout ce que nous aimons, tout ce que nous sommes, sera bientôt réduit en poussière. Et pourtant, cette fragilité porte en elle quelque chose d'infini.
Jean d'Ormesson