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1920/2019
Date : 27-07-2026 09:06:13
« Que tu étais riche, ce matin-là, dans ta petite maison ! Riche d’un matin de plus, d’une nouvelle victoire sur la maladie, riche d’une tâche de plus, d’une joaillerie de reflets dans l’eau courante, d’une trêve de plus entre toi et tous tes maux… Tu savonnais du linge dans la rivière, tu soupirais, inconsolable de la mort de ton bien-aimé, tu faisais « Uiii ! » aux pinsons, tu pensais que tu me conterais ta matinée… O thésauriseuse !… Ce que j’entasse n’est pas du même aloi. Mais ce qui en demeurera vient du filon parallèle, inférieur, amalgamé de grasse terre, et je n’ai pas trop tardé à comprendre qu’un âge vient où au lieu de s’exprimer toute en baumes, en pleurs mortels, en souffle embrasé et décroissant, sur les beaux pieds qu’elle embrassait, impatients de courir le monde, – un âge vient où il n’est plus donné à une femme que de s’enrichir.»
Colette, La Naissance du jour 
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