Ainsi il adorait les bêtes, les chats surtout, et ne pouvait apercevoir leur fourrure soyeuse sans être saisi d'une envie irrésistible, sensuelle, de caresser leur dos onduleux et doux, de baiser leur poil électrique. L'attraction qui le poussait vers la jeune fille ressemblait un peu à ces désirs obscurs et innocents qui font partie de toutes les vibrations incessantes et inapaisables des nerfs humains.
Elle était pâle et pourtant rose,
Petite avec de grands cheveux.
Elle disait souvent : je n'ose
Et jamais : je veux.
Je l'entendais sous ma fenêtre
Jouait le matin doucement ;
Elle courait dans la rosée,
Sans bruit, de peur de m'éveiller.
Moi, je n'ouvrais pas ma croisée
De peur de la faire envoler.
Petite Jeanne de Victor Hugo