Tout s'oublie, même les grands amours.
C'est ce qu'il y a de triste et d'exaltant à la fois dans la vie.
C'est pour ça qu'il est bon quand même d'avoir eu un grand amour, une passion malheureuse dans sa vie. ça fait au moins un alibi pour les désespoirs sans raison dont nous sommes accablés.
Vivre la route.
Ne jamais quitter la route.
Toujours plus loin, toujours en exil.
Ne plus vivre l'idée du temps, n'avoir aucune horloge, que des couchers de soleil à l'horizon qui ne cesse de reculer plus on avance.
Il n'y a pas de pensée sans langage, et à partir du moment où on n'a pas saisi la réelle valeur du langage, on ne peut saisir la réelle valeur de la pensée !
Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde.
La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas.
Mais sa tâche est peut-être plus grande.
Elle consiste à empêcher que le monde se défasse.
Ceux qui s'engagent sur le chemin de la liberté intérieure perdront des amis.
Ils seront haïs par ceux qu'ils aiment, comme l'a été Hannah Arendt.
Penser par soi-même, c'est s'isoler : l'angoisse est le prix de la liberté.