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Frisson musical : c'est votre mémoire qui fait tout le boulot !

13.03.2018(mis à jour à 06:35)

La musique peut rapidement déclencher en nous pléthore d'émotions fortes. Que se passe-t-il dans notre cerveau à l'écoute d'un morceau qui nous touche ? Les réactions chimiques sont fortement tributaires de la mémoire, catalyseur indispensable de l'émotion. Scanner d'un cerveau mélomane.

Jack Nicholson écoute du rock chez lui
Jack Nicholson écoute du rock chez lui Crédits : Arthur Schatz/The LIFE Picture Collection - Getty

Serrement de gorge, jusqu'aux larmes parfois. Ou à l'inverse, euphorie et irrésistible envie de danser... L'écoute de la musique engendre dans votre cerveau des pics de dopamine et d'opiacés naturels. Elle va aller y stimuler les régions motrices, mais aussi se propager du côté des régions visuelles, activant votre petit cinéma mental.

Vous aviez témoigné de vos propres émotions musicales dans notre dernier sujet collaboratif en janvier 2018, lorsque nous vous avons demandé sur les réseaux sociaux quel air d'opéra vous enchantait tout particulièrement. Et vous aviez été nombreux à argumenter votre choix en mentionnant un souvenir singulier. L'un d'entre vous, Nicolas, se remémorait ainsi sa première écoute d'"E lucevan le stelle", dans la Tosca de Puccini :

A Budapest en visitant l'immeuble et les caves qui abritaient les tortures et interrogatoires de la police communiste contre son propre peuple, j'ai appris qu'un détenu avait chanté à gorge déployée ce passage, seul dans sa cellule noire et humide, avant d'être torturé à mort le lendemain. Une intense émotion m'a pris en visitant cette cellule et j'ai en souvenir ce moment à chaque fois que j'écoute ce thème.

Quant à Marion, voici ce que lui évoquait l'air de "La Donna è Mobile" dans le Rigoletto de Verdi :

Ma toute première fois à l'opéra, à 11 ans. Tout m'avait complètement subjuguée : le lieu, la musique, la puissance des voix, les costumes... et cet air [de Rigoletto] m'a tellement marquée que je le chantonne encore parfois, vingt ans plus tard ! 

Et pour cause : l'écoute musicale déclenche dans le cerveau des réactions chimiques en chaîne, dans lesquelles la mémoire joue un rôle essentiel. Sachez d'ores et déjà que les écoutes ultérieures d'un morceau ou d'une chanson vous toucheront généralement toujours plus que sa première écoute. Pour mieux appréhender tous ces mécanismes, nous avons passé votre cerveau mélomane au scanner avec le neuropsychologue Hervé Platel, de l'université de Caen

Sans mémoire, pas d'émotion

Qu’elle soit perceptive ou associée à des représentations plus sophistiquées liées à des apprentissages ou au langage, la mémoire est essentielle pour ressentir le frisson musical : notre cerveau est ainsi capable de savoir si la musique que nous écoutons à un instant t fait écho à une expérience passée plaisante, ou pas, explique Hervé Platel : 

En, fait notre cerveau est en permanence en train de comparer ce que nous vivons à ce que nous avons déjà vécu. C’est un travail à la fois associatif et de comparaison. Cela apparaît très clairement dans l’expérience du frisson musical : quand on les questionne sur ce qui provoque ce frisson, les trois-quarts des auditeurs mentionnent un souvenir personnel que leur évoque la musique écoutée.

En définitive, si nous n'avions pas cette capacité à remettre en contexte l’information, à la replacer dans un vécu émotionnel, le frisson musical n'existerait sans doute pas. Certains exemples pathologiques le démontrent bien, souligne encore le neuropsychologue : des patients qui ne parviennent plus à concilier l’analyse perceptive et l’analyse mémorielle, c’est à dire qui ont perdu la capacité de récupérer des informations liées aux expériences passées, perdent potentiellement le plaisir de l’écoute de la musique.

Alors, est-ce que ça signifie que le frisson musical ne peut pas être ressenti lors de la première écoute d’un morceau ou d'une chanson ? Il est sans doute moins important que lors des écoutes ultérieures, affirme en tout cas Hervé Platel :

On peut évidemment ressentir un plaisir intense à l’écoute de quelque chose de nouveau. Mais l’équipe du neuropsychologue Robert Zatorre, à Montréal, l’a bien montré en neuro-imagerie : même quand vous entendez quelque chose de nouveau, votre cerveau est en fait tout le temps en train d’effectuer un calcul associatif en terme de savoir : “A quoi me fait penser ce morceau ?... Ah oui, il ressemble à celui-ci...” On est toujours en train d’essayer d’analyser cette nouvelle information au regard des expériences passées. On n’est jamais complètement vierge, même s’il s’agit d’une nouvelle musique. 

En définitive, pour qu'émerge le plaisir musical, l’expérience est nécessaire, l’éducation est un plus. Car s’il n'a pas été préalablement exposé à la musique, le cerveau a des chances d'y rester très hermétique.

Ressentir par les oreilles, ça s'apprend

Le contexte de première écoute d'un morceau ou d'une chanson est donc décisif : c'est de lui dont dépendra l'intensité de l'émotion ressentie à sa réécoute. C'est lui qui associera quasi définitivement cette musique à une expérience marquée positivement ou négativement, explique Hervé Platel :

On le voit bien chez les tout petits qui apprennent à décoder ce qu’est une musique joyeuse, ou triste. Ils le font en contexte, par rapport à des contes, des mélodies, des chansons enfantines qui sont très stéréotypées. Certaines formes musicales sont utilisées pour représenter la joie, d’autres la tristesse. C’est renforcé dans l’utilisation de la musique associée à l’image. Beaucoup d’enfants ont compris qu’une musique était triste notamment par la visualisation d’histoires, de dessins animés. Chez Walt Disney, on demande aux musiciens d’utiliser les stéréotypes de la musique : quand on est dans une situation joyeuse, la musique est plutôt sautillante, rythmée, en mode majeur [joyeux, NDR]. Et quand on est dans une situation plutôt triste, la musique va être en mode mineur [triste, NDR], avec un tempo ralenti. Dès 2-3 ans, le cerveau de l’enfant a très bien assimilé les contextes. Tout ça se construit au fur et à mesure. Et cette sensibilité, ces référentiels, construisent notre sensibilité esthétique.

Ce qui signifie que le fait de pouvoir distinguer les modes majeur et mineur, la musique joyeuse et la musique triste, est un apprentissage, même si certaines sensibilités à des caractéristiques musicales semblent malgré tout innées. Ainsi, quelles que soient les cultures, les nourrissons ont une préférence pour les intervalles musicaux consonants plutôt que dissonants. A l'instar du domaine visuel, où ils ont une préférence spontanée pour des images symétriques :

On peut dire que dans le domaine auditif, c’est la même histoire : il y a des intervalles qui seront considérés par le cerveau comme plus agréables que d’autres, plus faciles à traiter. Ça oriente l’organisation perceptive. Mais après, la culture musicale, qu'elle soit asiatique, indienne, occidentale… va éduquer l’oreille différemment.

Cerveau et frisson musical
Cerveau et frisson musical Crédits : Raphael Queruel

Musique joyeuse ou triste : chimiquement, l'émotion est la même !

Croyez-le ou non, que vous écoutiez "Ne me quitte pas" de Jacques Brel, ou "Happy", de Pharrell Williams, votre activité neuronale est strictement la même ! C'est ce qu'explique le neuropsychologue, qui mentionne plusieurs études s'étant intéressées aux raisons pour lesquelles certaines personnes raffolaient particulièrement de l'écoute de la musique triste :

On peut aimer écouter des musiques en mode mineur, comme l’Adagio de Barber, qui vont nous mettre dans un état mélancolique que l’on peut savourer. Des études ont montré que les mêmes circuits pouvaient être activés à l’écoute de musiques mélancoliques et de musiques joyeuses. C’est une modulation des mêmes circuits, c’est un peu étonnant. Mais dans le domaine de la musique, la tristesse n'est pas comparable à ce que l'on ressent après la perte d’un être cher par exemple. C'est une tristesse esthétique. On peut plutôt parler de mélancolie. C'est un état particulier qui peut être vécu comme quelque chose d’agréable.

Même si l'émotion ressentie n'est pas de l’allégresse, c’est là aussi la dopamine qui va être sécrétée. C’est une forme de libération, pas très éloignée de ce qui est recherché pour aller au-delà de la souffrance chez les joggeurs, explique encore Hervé Platel, qui s'amuse que les chemins menant au plaisir soient parfois un peu tortueux. A un moment donné, la souffrance ressentie est comme dépassée, ce qui peut même se traduire par des formes d’extase.

Pas tous égaux face au frisson

Hélas, nous ne sommes pas tous égaux face au frisson musical ! Certaines personnes dites amusiques sont incapables de décoder correctement la musique d’un point de vue perceptif. De distinguer la hauteur, la mélodie, le rythme… Du point de vue de la mémoire, elles ne peuvent pas se rappeler un air, puisqu'elles ne sont pas en capacité de se le représenter. Du coup, elles n’éprouvent pas d’émotion vis à vis de la musique, explique Hervé Platel.

Il existe un autre symptôme, l'anhédonie, qui se manifeste par l'incapacité à ressentir des émotions, poursuit-il :

L'équipe de Robert Zattore, à Montréal, s'est penchée sur la question de l'anhédonie musicale : dans la population, on peut trouver des gens qui ne sont pas amusiques, qui sont capables de parfaitement catégoriser des mélodies comme étant joyeuses, tristes, ou des mélodies qui font peur ou qui sont neutres. Mais quand on mesure leur réponse végétative à l’émotion, on s’aperçoit qu’ils n’en ont aucune. Leur rythme cardiaque n’est pas accéléré, ils n’ont aucune modification physiologique... Alors qu'à l'inverse, certains sujets sont très sensibles à la musique, vont tout de suite connaître une forme d’empathie musicale, une contagion émotionnelle : leur cœur va s'accélérer à l'écoute d'une musique angoissante par exemple. Ou ils vont avoir les larmes aux yeux après cinq secondes de musique triste. Ils fonctionnent aussi de manière hyper-affective dans leurs relations sociales, bien souvent.

En fait, beaucoup d'individus comprennent la musique intellectuellement sans pour autant avoir beaucoup d’émotion musicale. Robert Zattore, toujours lui, a fait l'expérience d'enregistrer l’activité du cerveau de personnes souffrant d'anhédonie, quand ils écoutaient de la musique : ceux-ci montraient peu d’activité des circuits de la récompense. Et pourtant, si on leur proposait d’autres types de situation, comme une tâche de casino avec un risque de perdre ou de gagner de l’argent, les circuits de la récompense de ces sujets étaient soudain très sollicités, souligne Hervé Platel :

Du point de vue du cerveau, l’émotion est la même. Ces gens ont investi culturellement, artistiquement, un autre domaine que celui de la musique. Ça peut aussi être le sport, par exemple.

Enfin, au-delà du plaisir viscéral, émotionnel, il existe un plaisir purement esthétique. Il est beaucoup plus intellectualisé, et lié à une expertise. C'est le plaisir de l’esthète, de celui qui a eu un apprentissage et connaît de nombreuses œuvres, qui les a étudiées, comparées :

L’expert en peinture par exemple, qui en regardant une toile, va pouvoir en commenter la composition, décortiquer l’oeuvre. Ou le mélomane de jazz averti, qui va dire en entendant tel solo de trompette, ou de basse : “Ah oui, c’est très bien interprété, il nous la fait à la Coltrane, tout en mettant sa touche personnelle...” Ce n’est pas incompatible avec le plaisir viscéral, ou émotionnel, mais il y a en plus l'acquisition d'une grille d’analyse qui permet d'éprouver un plaisir très esthétisé. Pour le coup, les mécanismes cérébraux en jeu ne sont pas tout à fait les mêmes, mais le résultat, si : on arrive à la récompense, à la libération de dopamine.

>> Dans une conférence diffusée sur le web le 6 octobre 2017 par France Culture et intitulée "Comment la musique modifie notre cerveau", Hervé Platel se consacrait à la question de la "symphonie neuronale" :

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